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LA PÊCHE FRANÇAISE SE MOBILISE CONTRE LES CAPTURES ACCIDENTELLES DE CÉTACÉS

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Depuis près de 15 ans, les acteurs de la filière œuvrent pour apporter des solutions concrètes et performantes dans la lutte contre la réduction des captures accidentelles de cétacés.

LA PÊCHE FRANÇAISE SE MOBILISE CONTRE LES CAPTURES ACCIDENTELLES DE CÉTACÉS

De 2004 à 2009, plusieurs études ont été réalisées dans l'objectif d'évaluer l'impact de ces prises et surtout de développer des solutions afin de les réduire. C'est ainsi qu'est né le dispositif CETASAVER, premier prototype de répulsif acoustique.

Depuis 2016, une augmentation de cétacés sur les zones de pêche fréquentées par les pêcheurs de merlu et de bar induit un pic de leurs captures en période hivernale. C’est pourquoi, pour endiguer la récurrence de cette situation, tous les acteurs de la filière pêche française, professionnels et scientifiques, travaillent conjointement sur des projets de recherches prometteurs.

Cofinancés par France Filière Pêche, l’association à caractère interprofessionnel qui réunit tous les acteurs de la filière pêche française, les programmes PIC, LICADO ou encore OBSENPECHE sont annonciateurs de bonnes nouvelles.

 

  • D’OÙ VIENNENT LES ÉCHOUAGES DE CÉTACÉS ?

Depuis les années 70, le Réseau National Échouages, coordonné par l'Observatoire PÉLAGIS, répertorie les échouages d’animaux marins et en analyse les causes afin de mieux appréhender ce phénomène. Naturels ou pathologiques, les échouages peuvent aussi être dus à aux activités humaines comme les collisions avec des bateaux, la présence de corps étrangers ou les captures accidentelles de dauphins lors des activités de pêche. Celles-ci qui peuvent être identifiées par la présence de marques et de blessures dues à des engins de pêche.

Les professionnels de la filière, alertés par la présence de ces marques sur certains cétacés échoués, se sont engagés auprès des scientifiques pour identifier les conditions dans lesquelles ces cétacés sont morts ainsi que les flottilles de pêche impliquées. Les premiers résultats mettent en évidence un lien entre les échouages de cétacés et les activités de pêche ciblant le bar et le merlu dans le Golfe de Gascogne en période hivernale.

 

  • POURQUOI CAPTURE-T-ON ACCIDENTELLEMENT DES CÉTACÉS ?

Lorsque les pêcheurs ciblent une espèce en particulier, il arrive qu’ils pêchent d'autres espèces présentes dans le même écosystème que celle qu'ils ciblent : il s’agit de captures accessoires. De plus, certaines captures accessoires sont des espèces protégées, non commercialisables et interdites à la pêche : on parle alors de captures accidentelles.

En période hivernale, merlus, bars et cétacés semblent interagir et se retrouver dans les mêmes espaces aux mêmes moments. Merlus et cétacés suivent tous deux les mêmes bancs de petits poissons pélagiques dont ils se nourrissent. En revanche, la relation entre le bar et les cétacés demeure encore peu connue.

 

  • DES PROJETS SCIENTIFIQUES POUR DES SOLUTIONS EFFICACES !

Depuis 2004, scientifiques et pêcheurs allient leurs forces pour comprendre les interactions entre la pêche et les échouages de cétacés, dans le but de prévenir et de diminuer les captures accidentelles.

 

CETASAVER (2004 - 2009)

Ce répulsif acoustique a été conçu pour limiter les captures accidentelles de dauphins communs dans les chaluts pélagiques. Développé après des tests comportementaux sur des groupes de dauphins, il a notamment démontré que ses ondes sonores pouvaient modifier la trajectoire des animaux et ainsi éviter qu’ils se dirigent vers les filets. À l’époque, les résultats montraient une diminution annuelle des captures de l'ordre de 70 %.

Cependant, faute de partenariats, le dispositif n’a pas été commercialisé et déployé à grande échelle. Depuis, les professionnels de la filière et les scientifiques ont poursuivi leurs efforts : les études ont été poussées un cran plus loin et ont débouché sur un nouveau dispositif et de nouveaux projets de recherche.

 

PIC (2017 - 2019)

Suite aux pics d’échouages observés à l’hiver 2016-2017, l'OP des Pêcheurs de Bretagne, en partenariat avec l’Ifremer et l’Observatoire PÉLAGIS, a monté le projet PIC (Pingers à Cétacés) en 2017 sur une durée de 14 mois, avec le soutien financier de France Filière Pêche.

Ce projet a permis de tester de nouveaux répulsifs acoustiques, les pingers, et de tester leur efficacité sur 3 paires de chalutiers pélagiques de l' OP Pêcheurs de Bretagne en observant 100% de leur activité. Ce répulsif acoustique se base sur l'émission d'ondes sonores effarouchant les cétacés. L’analyse des résultats a montré que l’utilisation de pingers a permis de réduire les captures de cétacés de 65 %. Suite à ces résultats très encourageants, la totalité des chalutiers pélagiques en paire ont été équipés de pingers pendant la campagne de pêche de l'hiver 2018-2019.

Pêcheurs de Bretagne

LICADO (2019 - 2022)

Dans la continuité du projet PIC et suite aux premiers résultats signalant que le chalutage ne semble pas être le seul responsable des captures accidentelles de dauphins, le projet LICADO (Limitation des Captures Accidentelles de Dauphins) vise, dans un premier temps, à améliorer les connaissances sur les interactions entre la flottille de fileyeurs et les populations de dauphins. Dans un deuxième temps, l’objectif de ce projet est de tester des solutions pertinentes pour éviter les captures accidentelles de cétacés. Le Fond Européen pour les Affaires Maritimes et la Pêche et France Filière Pêche ont entrepris de cofinancer le projet LICADO, qui a démarré le 1er juin 2019 pour une durée de 3 ans.

 

Entre 2019 et 2022, deux nouveaux dispositifs plus adaptés et performants pour les flottilles de fileyeurs vont être développés :

  1. D'une part, des répulsifs acoustiques unidirectionnels (afin de limiter la pollution sonore). Ils seront utilisés au moment du déploiement des filets, puis une fois les filets calés, ne se déclencheront qu'à l'approche d'un dauphin, grâce à un hydrophone qui détecte leurs émissions sonores.
  2. D'autre part, des réflecteurs acoustiques seront développés afin d'aider les dauphins à « écholocaliser » les filets. Ces deux dispositifs sont ergonomiques et devront être utilisés tout au long du temps de pêche.

 

OBSENPECHE (2019-2020)

Le projet OBSENPECHE vise à déployer un réseau de pêcheurs sentinelles qui, par l'intermédiaire de l' application OBSenMER, informeront de la présence de cétacés dans les lieux de pêche en indiquant l’activité réalisée au moment de l’observation (en route, détection, filage, virage, traîne, mouillage après pose d’engin pour les fileyeurs) et d'autre part, des captures accidentelles et des informations liées (espèce, nombre, baguage ou non).

Le pêcheur pourra également accéder à une cartographie synthétisant l’ensemble des informations déclarées par les utilisateurs de l’application, lui permettant de consulter la présence de cétacés ou d’autres animaux marins ainsi que les éventuelles captures accidentelles. Par ailleurs, un système d’alerte sera développé pour informer les utilisateurs lorsqu’un navire déclare une observation ou une capture accidentelle dans un certain périmètre autour de leur navire.

 

DOLPHINFREE (2020 - 2023)

Quatre prototypes innovants seront proposés afin de diminuer les captures accidentelles de dauphins et de favoriser une meilleure coexistence avec les activités de pêche :

  1. Deux balises émettrices d'un signal acoustique compréhensible et interprétable par les dauphins afin de leur signaler la présence d’un chalut pélagique ou d'un filet, ainsi que le risque de mortalité associé. Ces nouvelles balises se distinguent des répulsifs acoustiques conventionnels car elles sont conçues dans le but de communiquer avec les cétacés afin de dévier leur trajectoire et pas seulement de les effaroucher.
  2. Et deux prototypes de module de récupération-restitution d’énergie pour alimenter la partie de la balise dédiée à l’écoute passive permettant d’identifier la présence de dauphins pour déclencher l’émission du signal acoustique.

 

LE GOUVERNEMENT ÉGALEMENT IMPLIQUÉ 

Le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation conjointement avec le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, a mis en place en avril 2017, un groupe de travail national dédié à la problématique des captures accidentelles de petits cétacés en Atlantique. Il est présidé par la Direction des Pêches Maritimes et de l'Aquaculture (DPMA) et implique différents acteurs nationaux et régionaux tels que l'Agence Française pour la Biodiversité (AFB), le Comité National des Pêches Maritimes et des Elevages Marins (CNPMEM), France Filière Pêche (FFP), diverses Organisations de Producteurs (OP) ou encore des ONG telles que la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) ou France Nature Environnement (FNE).

Pour l’hiver 2019-2020, tous se mobilisent pour anticiper et identifier l’origine des captures accidentelles afin de développer à court terme des solutions techniques et des actions permettant de diminuer leur nombre.

 

MESURES PREVUES POUR LA CAMPAGNE D'HIVER 2019/2020 

 

  • Les mesures règlementaires nationales :
  1. Obligation de déclaration des captures accidentelles de mammifères marins pour tous les professionnels de la pêche (guide d'aide à la déclaration https://agriculture.gouv.fr/comprendre-et-prevenir-les-captures-accidentelles-de-mammiferes-marins).
  2. Obligation d'équipement de pingers pour toutes les opérations de pêche de chaluts pélagiques (simples ou en paire) de plus de 12 mètres.

 

  • Les mesures pour l'acquisition de connaissances sur l'interaction pêche-cétacés :
  1. Augmentation des observateurs en mer sur des flottilles de chalut pélagique en paire et de fileyeurs français.
  2. Augmentation de l'effort de baguage des captures accidentelles de mammifères marins avant de les remettre en mer afin de mieux connaître de taux d'échouage. Le baguage se fait par des observateurs embarqués et par les professionnels.
  3. Test de pingers améliorés à destination de chaluts pélagiques et de fileyeurs (projet LICADO).
  4. Création d'un réseau de pêcheurs sentinelles afin de fournir des informations sur les populations de cétacés présents dans les zones de pêche, sur les activités de pêche et les captures accidentelles (projet OBSENPECHE).

 

UNE RESPONSABILITÉ EUROPÉENNE

Force est de constater que les échouages de cétacés dus à la pêche ne sont pas uniquement provoqués par les professionnels français, mais aussi par d'autres flottilles européennes actives dans le Golfe de Gascogne. C'est pourquoi la France souhaite porter ces deux mesures réglementaires nationales au niveau européen en s'appuyant sur le processus de régionalisation de la Politique Commune des Pêches.

Ces efforts ont permis d’ouvrir une discussion avec l'ambassade espagnole, qui a exprimé la volonté des professionnels de participer à la recherche de connaissances et de solutions pour lutter contre les captures accidentelles de cétacés.

Ces actions doivent être associées à la définition d’un programme concret d’amélioration de la connaissance, visant notamment à évaluer la population de dauphins, leur dynamique et à quantifier les risques liés à sa pérennité.

 

LES 5 ÉTAPES DE LA MOBILISATION DE LA FILIÈRE

  1. Recensement et analyse des échouages par le Réseau National Échouages et l’Observatoire PÉLAGIS.
  2. Recensement et analyse des captures accidentelles à bord des bateaux de pêche par des observateurs en mer qui embarquent auprès des pêcheurs, observent et supervisent les pratiques de pêche.
  3. Conception de dispositifs permettant de réduire les captures accidentelles via des projets de recherche : projets PIC, LICADO, OBSENPECHE et DOLPHINFREE.
  4. Mise en place de mesures de gestion spatio-temporelles.
  5. Renforcement des obligations légales à destination des professionnels : obligation déclarative des captures accidentelles.
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